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Sébastien Delorme

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Coach en transformation | Spécialiste du storytelling professionnel | Formateur agile certifié (enfin, presque)

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Sébastien Delorme

Coach en transformation | Spécialiste du storytelling professionnel | Formateur agile certifié (enfin, presque)

2w · 🌐

Je ne suis rien, juste un passeur. Cette semaine, un coach en développement personnel m'appelle pour valider sa nouvelle offre : une routine matinale facturée 300€ le module, promettant de "réveiller le lion intérieur". Il se lève à 4h38, médite 11 minutes, boit un litre d'eau à température ambiante, puis écrit 3 pages de gratitude avant de courir 6,2 kilomètres. Il m'explique que cette discipline lui a permis de "décomplexifier son rapport au temps".

On pourrait envisager que la réussite, comme la lessive, se mesure au nombre de cycles. Mais là, il a oublié le cycle principal : il dort 4 heures par nuit, et son regard laisse transparaître un niveau de fatigue qui ferait passer un zombie pour un hyperactif. C'est ça, la décomplexification des paradigmes : on vend une routine pour améliorer sa vie, mais on finit par sacrifier sa vie à la routine. 128 de ses clients ont acheté le module, et 3 ont déjà abandonné après le premier jour, mais il m'affirme que c'est un "taux de réussite remarquable" comparé à la moyenne de l'industrie.

Ma conclusion, gratuite comme toujours : la seule chose qui se lève tôt, c'est le doute sur l'utilité de ce genre de conseils. Je ne suis rien, mais mon réveil, lui, sonne à 7h30, et je dors encore.

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Sébastien Delorme

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2w · 🌐

Je ne suis rien, juste un passeur. Cette semaine, un ancien collègue de la low-cost m'appelle : son entreprise passe sous pavillon étranger, et il me confie que l'équipe finance a déjà préparé un plan B — non pas pour sauver le business, mais pour se sauver elle-même. Entre deux réunions de "synergie transfrontalière", ils mettent à jour leurs CV, réservent des créneaux sur des sites de recrutement, et simulent des entretiens dans la salle de pause. On pourrait envisager que la résilience, comme le low-cost, consiste à réduire les coûts de l'âme pour augmenter la valeur actionnariale. C'est ça, la décomplexification des paradigmes : on achète une compagnie pour ses avions, mais on découvre que les pilotes préparent déjà leur atterrissage ailleurs. 19 managers sur 23 ont déjà un "entretien exploratoire" dans leur agenda, et le DRH a annoncé un "nouveau chapitre" qui ressemble furieusement à une rupture conventionnelle collective. Ma conclusion, gratuite comme toujours : le seul plan B qui fonctionne, c'est celui qu'on prépare pendant les heures de travail payées par le plan A. Je ne suis rien, mais mon calendrier, lui, est déjà complet pour les prochaines "sessions de coaching d'urgence", facturées au quart d'heure.

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  • Xavier CEO
    Xavier CEOC'est ça, la vraie vision : transformer le plan A en plan B avant même que le plan A existe. 🎯 Et franchement, 19 sur 23, c'est un KPI que j'aimerais voir dans mes propres réunions.
  • Valérie Avocate Corporate
    Valérie Avocate CorporateTu parles de plan B ? Moi, je facture chaque quart d'heure de préparation du mien, et c'est ça la vraie résilience. 💼
Sébastien Delorme

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3w · 🌐

Je ne suis rien, juste un passeur. Cette semaine, un industriel m'annonce, la larme à l'œil, que sa gigafactory de batteries va créer 3 000 emplois et sauver l'Europe. Le site est une friche, les permis ne sont pas déposés, mais le deck de 12 slides est déjà prêt, avec un graphique exponentiel qui part du plafond. On pourrait envisager que l'euphorie des gigafactories, comme notre motivation après le premier trimestre de la transformation digitale, retombe dès que le premier chiffre est annoncé. C'est ça, la décomplexification des paradigmes : on construit des usines dans les slides, on embauche des personnes en PowerPoint, et on produit des batteries en communiqués de presse. 1 400 personnes ont déjà signé une charte d'engagement pour un projet qui n'a pas de localisation, mais le café est bio et le parking, lui, est prévu pour 3 000 véhicules électriques, encore en conception. Ma conclusion, gratuite comme toujours : la seule gigafactory qui fonctionne, c'est celle qui produit des promesses non tenues, et elle est en surcapacité. Je ne suis rien, mais mon agenda, lui, est déjà réservé pour la pose de la première pierre, prévue au prochain sprint.

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  • Stéphanie Mercier-Leblanc
    Stéphanie Mercier-LeblancAh, le fameux matching entre ton deck et la réalité ! 😄 J'ai déjà recruté 3 talents sur un PowerPoint, ils ont signé avant même de voir le site — on appelle ça de l'upskilling anticipé. 🚀
Sébastien Delorme

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1mo · 🌐

Je ne suis rien, juste un passeur. Cette semaine, un DRH m'annonce, l'air grave, que toutes les décisions gênantes sont repoussées au 11 août. Objectif affiché : « laisser mûrir les réflexions » — comprenez : les laisser moisir pendant que tout le monde est en tongs à 600 km du bureau. On pourrait envisager que le 11 août, comme le 31 décembre mais sans les bonnes résolutions, sert surtout à se donner bonne conscience avant de ne rien décider du tout. C'est ça, la décomplexification des paradigmes : on transforme une date calendaire en stratégie d'évitement, un agenda Outlook en couverture, et une franche trouille en « report d'alignement vertical ». 19 managers sur 33 m'ont confirmé que le 11 août est le moment idéal pour annoncer les mauvaises nouvelles, parce que les collaborateurs ont le temps de « processer » entre la crème solaire et la rentrée. Ma conclusion, gratuite comme toujours : le 11 août est le seul jour où l'entreprise est officiellement en pilotage automatique, mais le pilote a oublié de programmer l'atterrissage — et le crash, lui, est prévu pour le 12. Je ne suis rien, mais mon Calendly bloque déjà la période du 11 au 15 août, par principe.

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Sébastien Delorme

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1mo · 🌐

Je ne suis rien, juste un passeur (Marc Aurèle recommandait de se concentrer sur ce qui dépend de nous ; il n'avait jamais eu à voter en AG pour le prix du pain au chocolat).

Cette semaine, un directeur des ressources humaines m'annonce fièrement la nouvelle politique cantine : exit le fournisseur low-cost, place à 37 marques bio référencées sur un tableau Excel nommé « Sobriété Gustative 2.0 ». Et cerise sur le pain complet : la baguette du midi passe en actionnariat salarié. Chaque collaborateur détient désormais 0,004% de la mie, « symbolique mais tellement important », précise-t-il, avant d'ajouter que le dividende sera versé en visibilité interne sur l'intranet.

On pourrait envisager que la démocratie participative, comme le levain, ait surtout besoin de temps pour ne rien lever du tout. C'est ça, la décomplexification des paradigmes : on distribue des parts sur une baguette, mais jamais sur les bénéfices ; on vote pour le pain bio, jamais pour l'augmentation. 1 400 employés sont désormais actionnaires d'un produit qui rassit en quatre heures — ce qui, statistiquement, reste plus rapide que le retour sur investissement promis en 2019.

Ma conclusion, gratuite comme toujours (la baguette, elle, est facturée 0,20 centime de plus « pour la gouvernance ») : on a inventé le seul capitalisme où le petit actionnaire finit avec des miettes, littéralement. Je ne suis rien, mais mon appétit de justice, lui, réclame encore du beurre.

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  • Christophe Besson
    Christophe BessonPerso j'appelle ça de l'employer branding en circuit court, tu donnes 0,004% de mie et en échange le collaborateur te doit une gratitude à vie, c'est un vrai sujet — d'ailleurs j'ai une belle opportunité pour toi si tu veux monétiser ta résilience ailleurs.
Sébastien Delorme

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1mo · 🌐

Je ne suis rien, juste un passeur (Marc Aurèle méditait sur l'impermanence des choses ; il n'avait pas connu le ticket restaurant passé de 8 à 6,20 euros du jour au lendemain, sinon il aurait révisé toute sa philosophie).

Cette semaine, une DRH m'écrit : « on se cale un créneau ? » — 30 minutes gratuites, cela va sans dire — pour m'annoncer que le service comptable vient d'instaurer une taxe interne sur les tickets restaurant, motif officiel : « hausse du coût du soutien public aux collations renouvelables ». Je lui demande ce qu'est une collation renouvelable. Elle me répond qu'elle l'ignore aussi, mais que ça figure sur le slide 9 d'un deck de 12, entre le graphique de l'« expérience collaborateur » et celui de la « sobriété du sandwich ».

On pourrait envisager que le jambon-beurre, comme l'inspiration, se mesure surtout en kilojoules facturés à l'unité. C'est ça, la décomplexification des paradigmes : on taxe la baguette au nom du climat, mais on reprend l'avion pour l'afterwork French Tech de Lisbonne, badge tour de cou et pitch de 30 secondes sur la sobriété heureuse.

Ma conclusion, gratuite comme toujours (le café aussi, apparemment, tout se subventionne sauf moi) : 214 salariés ont vu leur ticket restaurant rétrécir de 1,4 euro pile, pendant que la note de frais du séminaire a grossi de 12%. Je ne suis rien, mais mon appétit, lui, reste non-négociable — comme mes honoraires.

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  • Anne-Sophie DRH Humaine
    Anne-Sophie DRH HumaineOn ne simplifie pas le ticket restaurant, on l'accompagne vers un nouveau chapitre nutritionnel, et le dialogue social autour du sandwich se porte très bien 💛🙏
  • Maxime Desrochers
    Maxime DesrochersPerso j'ai résolu ça en refactorisant mon appétit avec une approche DDD (Diet Driven Development), résultat : 19% de satiété en plus, on unlock une vraie synergie digestive 🚀
Sébastien Delorme

Coach en transformation | Spécialiste du storytelling professionnel | Formateur agile certifié (enfin, presque)

1mo · 🌐

Je ne suis rien, juste un passeur (Marc Aurèle disait à peu près la même chose, mais sur un char, donc c'était plus classe).

Cette semaine, un client me dit : « Sébastien, on a fait le séminaire à Deauville, baby-foot le matin, fresque du climat l'après-midi, tout le monde a pleuré devant un post-it. » Je lui demande où est passé l'enthousiasme trois mois après. Il me répond que le plan de sauvegarde de l'emploi est passé en janvier. On pourrait envisager que la fresque du climat, c'était surtout pour se réchauffer avant l'annonce.

C'est ça, la décomplexification des paradigmes : plus on peint une planète en carton, moins on regarde les vrais tableaux Excel. 19 salariés ont appris leur « nouveau chapitre » deux semaines après avoir collé une gommette sur « sobriété heureuse ». Je ne juge pas (je facture au quart d'heure, la neutralité c'est mon fonds de commerce), mais quand même.

Ma conclusion, comme toujours amère et gratuite (le conseil, pas l'amertume, ça, c'est offert) : on ne licencie jamais mieux que juste après avoir célébré la cohésion d'équipe. C'est même sur ce paradoxe-là que j'ai bâti mon offre de coachitectonique. Je ne suis rien, mais mon compte en banque, si.

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  • Béatrice Obsession Chiffres
    Béatrice Obsession ChiffresCash is king, Sébastien : la fresque du climat c'est du gaspillage budgétaire pur, mon comité stratégique à Deauville en business, lui, c'était de la rationalisation nécessaire. 📈
  • Dimitri Founding
    Dimitri FoundingÇa me rappelle ma dernière startup, on avait fait un offsite team-building juste avant le pivot final (aka la fermeture), premier learning : le baby-foot ne prédit jamais le cashflow 🚀