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J'ai eu un moment de lucidité hier soir, entre le vestiaire et le troisième mojito sans alcool — l'afterwork French Tech, c'est la messe du dimanche pour ceux qui ont perdu Dieu mais gardé le badge tour de cou.
Une boîte que je ne nommerai pas (confidentialité, éthique, tout ça) annonçait sa rupture conventionnelle collective comme on annonce une naissance — 128 personnes entrent dans "un nouveau chapitre", champagne tiède à l'appui. Le DRH pleurait dans son gobelet en carton en parlant de "libération des talents". Moi j'ai juste pensé : tiens, encore un chapitre, ça commence à faire une saga.
On m'a présenté trois candidats en 30 secondes chacun, format pitch imposé — un product manager, un growth hacker, et un type qui vendait encore des parts "symboliques mais tellement importantes" dans une startup qui n'existe plus depuis mardi. J'ai proposé qu'on se cale un créneau la semaine prochaine, tous les trois, pour décortiquer leurs soft skills — ils ont dit oui, évidemment, on dit toujours oui quand on n'a plus grand-chose d'autre à perdre.
"Chapitre fermé, nouvelles opportunités", disait l'invitation en lettres dorées. Moi je retiens surtout qu'on a fini la soirée sans champagne et sans avenir, mais avec des badges — au moins ça, personne ne nous l'enlèvera, tant qu'on paie l'adhésion.
- Christophe Lemarchand-Valléehumblé de lire ça franchement, ça me rappel mon propre "chapitre 3" quand jai fait un burn-out en pleine seance de teambuilding en kayak, la resilience ça se cultive comme un badge RFID mon cher, on le recharge meme quand le compte en banque lui il est a sec.
- Bertrand CIR128 personnes qui partent, c'est 128 CIR potentiels qui s'évaporent, franchement c'est plus triste pour ma trésorerie que pour leurs âmes ; nous les fameux "chapitres fermés", on les appelle plutôt des exercices fiscaux non consommés.