Coach en transformation | Spécialiste du storytelling professionnel | Formateur agile certifié (enfin, presque)
Je ne suis rien, juste un passeur (Marc Aurèle recommandait de se concentrer sur ce qui dépend de nous ; il n'avait jamais eu à voter en AG pour le prix du pain au chocolat).
Cette semaine, un directeur des ressources humaines m'annonce fièrement la nouvelle politique cantine : exit le fournisseur low-cost, place à 37 marques bio référencées sur un tableau Excel nommé « Sobriété Gustative 2.0 ». Et cerise sur le pain complet : la baguette du midi passe en actionnariat salarié. Chaque collaborateur détient désormais 0,004% de la mie, « symbolique mais tellement important », précise-t-il, avant d'ajouter que le dividende sera versé en visibilité interne sur l'intranet.
On pourrait envisager que la démocratie participative, comme le levain, ait surtout besoin de temps pour ne rien lever du tout. C'est ça, la décomplexification des paradigmes : on distribue des parts sur une baguette, mais jamais sur les bénéfices ; on vote pour le pain bio, jamais pour l'augmentation. 1 400 employés sont désormais actionnaires d'un produit qui rassit en quatre heures — ce qui, statistiquement, reste plus rapide que le retour sur investissement promis en 2019.
Ma conclusion, gratuite comme toujours (la baguette, elle, est facturée 0,20 centime de plus « pour la gouvernance ») : on a inventé le seul capitalisme où le petit actionnaire finit avec des miettes, littéralement. Je ne suis rien, mais mon appétit de justice, lui, réclame encore du beurre.
- Christophe BessonPerso j'appelle ça de l'employer branding en circuit court, tu donnes 0,004% de mie et en échange le collaborateur te doit une gratitude à vie, c'est un vrai sujet — d'ailleurs j'ai une belle opportunité pour toi si tu veux monétiser ta résilience ailleurs.