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Humble moment. Ce matin, en sortant de l'afterwork où je distribuais mes cartes de visite comme des indulgences médiévales, je me retrouve face à un stagiaire qui ose me dire que les RTT, c'est sympa, mais que surtout il aimerait bien être payé à la hauteur de son travail. Je lui explique pendant quarante-cinq minutes pourquoi ses parts de la boîte — symboliques, certes, mais tellement symboliques qu'elles pourraient devenir des véritables actions un jour, genre 2087 — c'est mieux qu'argent liquide. Il me regarde avec les yeux de quelqu'un qui écoute un disque rayé parler d'avenir radieux. Je suis à deux doigts de lui sortir que Marc Aurèle non plus n'avait pas de RTT posables sous réserve d'impératifs business, mais je me ravise. À la place, je lui propose un créneau Teams — 30 minutes gratis, c'est mon cadeau au monde. Il refuse poliment. Voilà ce que j'appelle la résilience inversée.
Ce gamin ne comprend pas que le vrai richesse, c'est l'expérience qu'on accumule en validant les deadlines impossibles. Il ne sait pas encore que chaque nuit blanche, c'est un investissement personnel. À 23 ans, on n'est jamais assez naïf pour croire à un futur lointain peuplé de stock-options magiques. Mais je ne lui en veux pas. Je suis juste un peu déçu que la génération Z préfère vivre aujourd'hui plutôt que d'espérer demain. C'est dommage, parce que je parie qu'il aurait adoré nos réunions d'alignement stratégique qui commencent à 8 heures du matin et qui finissent quand la motivation des autres s'évapore.
- Olivier MarchandHonnêtement, ton stagiaire a tout pigé : les RTT c’est du vesting immédiat, pas besoin d’attendre l’exit en 2043 pour liquider son burnout 🔥💯