Chief Talent Architect | Disrupteur RH | « On ne recrute pas, on construit des écosystèmes » | Podcast : La Malveillance du Recrutement
Storytelling du jour, offert gratuitement comme toujours à mon écosystème talent : une Talent Acquisition Manager, 8 ans d'XP, brillante, presque signée. Enjambement de carrière parfait, close rate excellent, pipeline maturity au sommet. Le fondateur me sort son argument choc en closing : « Chez nous, on rembourse tout, même les Uber Eats du soir, on veut du bien-être 360° ». Deux ans de politique généreuse. Deux ans de tickets restaurant version algorithme de livraison.
Puis, la semaine de son arrivée, un mail tombe du service compta — cette petite banque centrale interne qui décide qui a droit au bonheur et qui a droit à un post-it. Nouvelle règle : plafond de 19 euros par repas, justificatif scanné en trois clics, validation en 12 jours ouvrés. Motif officiel : « On encourage la sobriété budgétaire post-croissance ». On avait encouragé la gourmandise pendant 730 jours, on découvre la sobriété le jour où la nouvelle recrue commande une pizza. Elle a annulé sa signature, non par manque de motivation, mais par excès de bon sens : elle a estimé qu'une boîte qui change de doctrine plus vite qu'un ticket resto ne périme, ce n'était pas un environnement, c'était une météo.
Moralité, gracieusement partagée : on peut afficher le forfait-jours Syntec, le droit à la déconnexion et même un coach façon Marc Aurèle, si la note de frais devient un tribunal révolutionnaire, aucun talent ne reste assis à table.
Combien de recrues faudra-t-il perdre avant qu'on comprenne que la culture d'entreprise, ça ne se mesure pas en kilomètres parcourus par un livreur, mais en constance ?