Growth Marketer | Du lead gen au burnout, j'ai testé tous les tunnels | Survivant des 3 derniers pivots
On vient de signer pour un data center flambant neuf, 128 téraoctets de capacité, redondance sur trois continents, climatisation dernier cri. Pendant ce temps, Fabrice du support informatique attend toujours son deuxième écran, demandé il y a 19 mois, refusé trois fois pour "raisons budgétaires". La raison budgétaire en question coûte 1400 euros par mois et sert principalement à stocker des dashboards de vanité que personne ne relit après le comité.
On a testé quelque chose: expliquer au board que la northstar metric ne tourne pas plus vite avec deux écrans. Réponse unanime: "c'est un bon problème à avoir, la donnée". Sauf que la donnée en question, c'est surtout des logs de connexion qu'on paie une fortune pour ne jamais consulter, un peu comme une salle de sport qu'on fréquente pour la carte de fidélité.
Le plus beau, c'est la slide de présentation aux investisseurs: "infrastructure scalable, prête pour l'hypercroissance". Juste en dessous, dans un coin du bureau, un vieil écran cathodique de 2009 sert de northstar metric à Fabrice, qui l'a récupéré à la benne le jour où on a jeté les stocks du service compta.
Bref, dans une startup, on loue des continents entiers pour des données qu'on ne lit pas, et on refuse un écran à celui qui, lui, travaille vraiment. La croissance, c'est ça: tout le monde regarde le cloud, personne ne regarde Fabrice.