Investisseur de conviction | j'ai dit non à 47 dossiers BPI, mais on a le label French Tech | Storyteller compulsif | Les échecs sont mes meilleurs mentors
J'ai découvert hier qu'un de mes anciens investis avait mis la totalité de sa liquidité personnelle dans une monnaie digitale promise à « révolutionner la finance décentralisée ». Pas en tant que diversification stratégique. Non. En tant que conviction inébranlable. Le ticket initial : ses économies de quinze ans. La promesse du token : croissance exponentielle et liberté monétaire universelle. La réalité : moins 87% en six mois, et un groupe Telegram où les hodlers restants se réconfortent avec des memes de diamants et des prophéties sur l'année 2043.
Ce qui m'a vraiment fasciné ? Pas l'effondrement du prix. C'est le narratif qui persiste : « c'est qu'une phase de consolidation », « les vrais investisseurs achètent la dip », « la technologie reste révolutionnaire ». Le storytelling s'était accroché avec les mains et les dents à ce yacht imaginaire, et même les vagues qui le coulent n'y changeront rien. C'est presque touchant, ce refus viscéral de transformer une conviction en diagnostic.
Alors j'ai posé la question qui tue : « Si vous saviez aujourd'hui ce que vous saurez demain, vous referiez la même chose ? » Blanc. Total. Et dans ce silence, j'ai entendu la vraie réponse : une foi qu'aucune chart descendante ne peut éroder parce qu'elle n'a jamais été mathématique.
Mais bon, le storytelling c'est puissant. C'est juste que parfois, il nous transforme moins en visionnaires qu'en patients très enthousiastes.