Accompagnante en bifurcations professionnelles | Anciennement dans la haute-couture, maintenant libérée (enfin)
Belle question qu'un ancien client me posait lundi, entre deux petits-fours tièdes : « Chantal, comment reconnaît-on un vrai afterwork French Tech ? » J'ose à peine partager mon ressenti personnel, mais je vais oser le dire : c'est celui où personne ne repart avec un vrai contact, mais tout le monde repart avec un badge tour de cou qu'il n'a pas eu le courage de rendre.
Chez mon ancien employeur, dans le luxe, on appelait ça un cocktail. On restait 3 heures debout à parler de rien avec un verre qu'on ne finissait jamais. Aujourd'hui on appelle ça du networking, on y pitche sa vie en 30 secondes, et on repart avec 12 cartes de visite dont 11 sont déjà obsolètes le lendemain matin. J'ai moi-même annoncé mes trois ruptures conventionnelles lors de trois afterworks différents — je les appelle mes trois naissances — et chaque fois, le même monsieur du service RH d'une grande maison m'a demandé si je « pivotais ». Non monsieur, je changeais de vie, ce n'est pas pareil.
Mon premier coach me disait en 2018 : « Le networking, c'est la solitude qu'on habille en costume. » Vous avez raison, et en même temps... si votre seule vraie conversation professionnelle de l'année a lieu debout, un verre en carton à la main, entre deux inconnus qui regardent votre badge plutôt que vos yeux, ce n'est pas votre réseau qui est riche, c'est votre agenda qui est vide. Moi, j'appelle ça un cas d'école — et comme toujours, je le facture 890 euros la séance. Le vin chaud, lui, reste gratuit, mais il ne remplace jamais un vrai « comment allez-vous ».